24h à Calcutta: restes de l’empire britannique

On entend beaucoup de choses sur l’Inde. Des rapports de voyage passionnés sur la magie du pays aux récits moins glorieux de diarrhée aiguë, il est difficile de s’en faire une idée objective entre mythes et expériences individuelles. Voici quelques un des échos qui ont pu me parvenir aux oreilles « tu vas voir l’Inde tu l’aimes ou tu détestes », « c’est difficile la pauvreté, la saleté, les odeurs... », « tu vas te faire harceler« …..

J’ai eu la chance de rester le temps d’une courte escapade à Calcutta, ou Kolkata (comme on dit là-bas) , une ville de l’ouest Bengale dans l’est du pays et je dois dire que mon premier contact n’a rien eu de tout cela. Vibrante, vivante, celle ville est un vrai un voyage des sens avec son tumulte incessant, ses effluves de nourriture et les couleurs éblouissantes de ses saris.  Pour moi qui vit à Dubai où il n’existe pas réellement de vie piétonne ni de connexion urbaine entre les habitants, explorer cette cité fut une vraie « bouffée d’air frais » (si on oublie les 35 degrés et l’humidité). Sa rue est un véritable lieu de vie . On y mange, prie, joue au cricket, nettoie son linge, prend sa douche et fait même ses besoins (vous m’avez bien lu, on trouve des pissotières sans portes exposées à la vue des passants), ce qui m’a offert l’opportunité émue d’admirer de jolis fessiers bengalis (oui oui). Malheureusement, on y meurt aussi car son état de dénuement et ses bidonvilles ne peuvent pas  échapper au regard des visiteurs même s’ils sont souvent éclipsés par la beauté de son architecture coloniale.

Pauvreté et bidonvilles

Au final, le choc ne fut pas très grand. Peut-être parce-que je vis à Dubai dans un quartier très excentré où vit une vaste communauté indienne et pakistanaise, je n’ai donc pas été très dépaysée. Côté bruit, en vivant deux ans à Beyrouth j’ai été servi et le son des klaxons est presque devenu ma musique pour m’endormir. La seule chose à laquelle on est jamais vraiment préparé, c’est la pauvreté. Il est difficile d’ignorer les nombreux bidonvilles dans lesquels vivent une grande majorité de la population de Calcutta. Un constat accablant qui a décidé la religieuse albanaise Mère Thérésa à y créer une congrégation religieuse des missionnaires de la charité dans les années 50 (elle s’y est aussi éteinte en 1997). Transformé en musée aujourd’hui, il est possible de visiter sa chambre et sa tombe mais aussi de faire une donation en l’échange de quoi vous recevrez le médaillon de la charité. Il est aussi possible de faire un tour à l’orphelinat qui se situe sur la même rue, mais je n’ai personnellement pas trop aimé ce côté « voyeur » de la misère.

Mere theresa 2Mere theresa

Ancienne capitale des Indes Britanniques

Contrebalançant avec la misère de cette ville du tiers-Monde; les restes de grandeur de l’ancien Empire des Indes s’imposent magistralement au milieu du chaos. Le Victoria Memorial en est un bel exemple; ce mausolée de marbre blanc construit au début du 20ème siècle à la gloire de l’impératrice est aujourd’hui un musée de peintures et d’archives historiques attirant des touristes venus de tout le continent Indien. On peut aussi s’y promener dans tes jardins pour la modique somme de 10 roupies ( même pas un euro). Des vestiges du passé que l’on retrouve partout dans la ville à travers certains bâtiments d’inspiration victorienne.

Le musée Indien (que je n’ai malheureusement pas eu le temps de visiter) est également un lieu emblématique de la ville puisqu’il est le plus grand musée d’Asie Pacifique et aussi un des plus anciens au monde. Il renferme une large collection d’artéfacts égyptiens, des peintures mogholes mais aussi des cendres du Bouddha.

victoria memorial

Aux abords du Gange…

Une des particularités de Calcutta est qu’elle est traversée par le Gange ; une rivière intimement liée à la spiritualité hindouiste puisqu’elle prendrait sa source dans la chevelure du dieu Shiva et aurait le pouvoir de libérer l’âme des morts et de purifier celle des vivants. Ainsi beaucoup d’indiens viennent y jeter les cendres de leurs défunts ou s’y baigner en pèlerinage espérant purifier leur âme. Ce cours d’eau est donc aussi sacré que pollué, comprenant des centaines de restes de cadavres …miamiam!

Et quand ils ne se rendent pas sur les bords du Gange, les « calcuttiens » (je viens totalement d’inventer ce mot) se retrouvent aussi dans les temples. Celui de Kalighat (construit au début 19ème siècle) et dédiée à la déesse mère Kali est celui les plus fréquentés de Calcutta. Il est aussi célèbre pour être un des « shakti peethas » ; place de recueillement où reposent une des partie du corps brûlé de la déesse Skakti (déesses de la féminité) qui se serait immolée. Le temple Jain de Sheetalnathji, est aussi intéressant à regarder avec ses nombreux bassins, ses façades colorées, son stuc et ses sculptures.

Temple

Pour terminer sur une note sucrée, je me suis cette fois-ci initiée aux desserts indiens. Et il y en a pléthore: kheer (une sorte de riz au lais très sucré), lassi (une boisson à base de lait fermenté et souvent parfumé à la rose, mangue ou aux épices), golab jamun (boules de pâtes huilées et servies avec un sirop)  et barfi (une gâteau au lait et sucre qui peut se trouver avec des noix de cajou, pistaches ou cacahuètes. Si vous vivez près d’une épicerie indienne, je vois recommande d’essayer.

Quand au harcèlement tant attendu, c’est vrai qu’en tant que touriste (et blonde par dessus le marché) les gens nous sollicitent constamment pour prendre des selfies. Une  fascination qui peut en agacer certains mais m’a personnellement plus amusée qu’autre chose. Car finalement, quand je me vois prendre en photo leur étalages de marché colorés et les femmes en sari, je réalise que je ne vaux pas vraiment mieux. Cette attraction pour l’inconnu est naturelle et réciproque. Il faut juste savoir mettre des limites avec le sourire, afin de ne pas transformer son voyage en shooting photo.

 

 

 

 

Non classé Vagabondages

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