La solitude du routard

Comme certains le savent déjà, d’autres l’auront compris, il y a quelques mois j’ai déménagé (encore une fois) de Beyrouth à Dubai et j’ai abandonné mes piges mal payées de journaliste pour devenir…hôtesse de l’air. Un virage de carrière surprenant, et pourtant pas vraiment puisque j’ai toujours aimé voyager et écrire , ce que ce job me permet de combiner (au prix de quelques heures de sommeil). J’avais envie d’écrire ce billet pour parler du revers de la médaille des voyages et de l’expatriation, des doutes et aussi de solitude que l’on rencontre parfois sur la route.

Une multitude de raisons nous poussent à voyager. Explorer de nouvelles cultures, s’agrandir l’esprit, faire des rencontres, découvrir d’autres cuisines, fuir son quotidien, faire un break. Et dans le monde actuel où l’on communique plus rapidement que la vitesse de la lumière, voyager est devenu aussi simple qu’un claquement de doigt. A l’époque de nos parents, il s’agissait d’ un privilège de nantis, ou de hippies paumés. Aujourd’hui, c’est devenu si commun et « branché » que rare sont les espèces à ne pas promouvoir l’évènement à grands coups d’instashoots et Facebook posts.

Pourtant avoir une vraie vie de nomade; ne sont pas inclues dans cette vie les 5 semaines de congés payés aussi vite passées qu’oubliées, n’est pas toujours aussi rose qu’il n’y paraît. Le syndrome du départ est insaisissable même pour ceux qui en sont victimes. Qu’est-ce qui nous pousse à sortir de notre zone de confort, tout remettre en question, pour enfin partir…partir…(comme chantait Julien Clerc)

En ce qui me concerne , à chaque fois différents facteurs m’ont amené à troquer ma vie contre une nouvelle . L’envie de sortir de ma zone de confort et devoir faire autre chose tant que je suis encore » jeune » (bien que finalement ce mot ne veuille pas dire grand chose), une meilleure opportunité professionnelle, l’envie de fuir des problèmes personnels. Finalement un peu toutes ces raisons à la fois. Ne croyant pas en moi ici et maintenant, je me suis cherchée à travers des explorations lointaines.

Je ne regrette en rien ces choix qui m’ont et me forgent encore. J’ai tellement grandi à travers ces voyages, rencontré, changé aussi. Mon monde est devenu plus grand tandis que la planète est devenue beaucoup plus petite. Désormais des dizaines de pays et continents sont passés de simples points sur la carte à des endroits familiers.

En même temps, souvent quand je rentre d’un vol au petit matin, dans le bus qui me ramène chez moi, je me dis qu’il faudrait peut-être penser à rentrer à la maison, m’enraciner quelque-part, « construire » comme dirait les réactionnaires. Puis s’en suit une vague de doute et son déferlement de questions: Où? Avec qui? Pour faire quoi? Serais-je apte à la vie normale? C’est quoi ma vraie maison? Celle de mes parents? Celles où j’ai vécu? Là où sont mes amis?

Epuisée avant de trouver les réponses, je me dis que ma maison c’est peut-être simplement l’instant présent, ce moment ici et maintenant, et non des projections futures angoissantes. Je peux enfin retourner me coucher sur mes deux oreilles et continuer ma nuit tranquille. Et si j’étais juste faite pour cette drôle de vie?

Non classé Vadrouilles mentales Voyages

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