Handicap du choix

questionsPrendre des décisions, faire des choix … deux incontournables dans la vie d’une grande personne. La clé « pour se sentir libre et avancer », comme le disent les magazines psychologiques. Pourtant, pour moi décider relève de la torture, une sorte de Guantanamo de mon esprit. De la plus anodine à la plus sérieuse, chaque décision est un casse-tête chinois qui me prend (beaucoup) trop de temps à résoudre. « La brosse à dent à poils dur et un meilleur brossage ou à poils doux pour mes gencives? » …Dur dur

Je me demande souvent d’où me vient cet handicap décisionnel, pourquoi choisir entre A et B est un calvaire chez moi quand il est si simple chez d’autres personnes. J’ai pourtant tout essayé, les feuilles de papier divisées en moitié présentant une liste exhaustive des avantages et inconvénients, mais rien n’y fait. Aucune option n’est évidente, chacune compote son lot de renoncements et d’imprévisible. J’en suis arrivée à la conclusion que l’idée de renoncer me terrifie. Je ne peux me résoudre à l’idée de fermer une porte pour en ouvrir une autre.

Mais c’est surtout dans la sphère professionnelle que mon incapacité de choisir se fait la plus frappante. Il suffit de lire mon CV pour comprendre « Donc vous avez étudié la communication à Paris, travaillé dans la publicité, puis être parti faire du journalisme au Liban, avant de finalement vous reconvertir en hôtesse de l’air aux Emirats…hum intéressant, mais pourquoi? ». La vérité c’est que je suis incapable de justifier mes choix de carrière car je n’ai jamais rêvé d’en avoir une. J’ai toujours visualisé ma vie comme une succession d’expériences où je pourrais explorer, apprendre, et suivre mes instincts là où le vent les mènent. Finalement j’ai juste choisi de refuser de choisir. Une utopie de vie qui ne convient pas toujours au recruteur lambda, ni même à mon entourage.

Pourquoi chercher à rentrer les personnes dans une case? La société nous pousse toujours à appartenir des groupes. Etre de gauche ou de droite, aimer le jazz ou le hip hop, choisir entre être musicien ou consultant, DJ ou chef de projet, journaliste ou hôtesse de l’air? Et pourquoi pas tout en même temps si le coeur nous en dit. A défaut  de tout avoir dans la vie,  on peut toujours essayer de concilier, combiner, et à la fin obtenir un petit peu de tout ce que l’on veut.

Tellement de gens vivent avec des regrets « si seulement j’avais fait ça, j’ai toujours rêvé d’être ça.. ». Au lieu d’apprendre à faire des choix, la vie devrait nous éduquer à nous laisser porter vers l’inconnu, accepter de ne pas savoir, ne pas connaître et laisser les choses venir à nous sans crainte. Le meilleur moyen que j’ai trouvé d’y parvenir, me souvenir des rêves et projets que j’avais lorsque j’étais enfant. Ces désirs ne me trompent jamais car à l’époque où je les aient formulé, aucune peur ni désillusion ne s’entremettaient entre eux et moi. Mon monde était alors une île faite de possibles et d’espoirs. A 28 ans aujourd’hui, j’ai la nostalgie de l’ île.

Non classé Vadrouilles mentales

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :