Handicap du choix

questionsPrendre des décisions, faire des choix … deux incontournables dans la vie d’une grande personne. La clé « pour se sentir libre et avancer », comme le disent les magazines psychologiques. Pourtant, pour moi décider relève de la torture, une sorte de Guantanamo de mon esprit. De la plus anodine à la plus sérieuse, chaque décision est un casse-tête chinois qui me prend (beaucoup) trop de temps à résoudre. « La brosse à dent à poils dur et un meilleur brossage ou à poils doux pour mes gencives? » …Dur dur

Je me demande souvent d’où me vient cet handicap décisionnel, pourquoi choisir entre A et B est un calvaire chez moi quand il est si simple chez d’autres personnes. J’ai pourtant tout essayé, les feuilles de papier divisées en moitié présentant une liste exhaustive des avantages et inconvénients, mais rien n’y fait. Aucune option n’est évidente, chacune compote son lot de renoncements et d’imprévisible. J’en suis arrivée à la conclusion que l’idée de renoncer me terrifie. Je ne peux me résoudre à l’idée de fermer une porte pour en ouvrir une autre.

Mais c’est surtout dans la sphère professionnelle que mon incapacité de choisir se fait la plus frappante. Il suffit de lire mon CV pour comprendre « Donc vous avez étudié la communication à Paris, travaillé dans la publicité, puis être parti faire du journalisme au Liban, avant de finalement vous reconvertir en hôtesse de l’air aux Emirats…hum intéressant, mais pourquoi? ». La vérité c’est que je suis incapable de justifier mes choix de carrière car je n’ai jamais rêvé d’en avoir une. J’ai toujours visualisé ma vie comme une succession d’expériences où je pourrais explorer, apprendre, et suivre mes instincts là où le vent les mènent. Finalement j’ai juste choisi de refuser de choisir. Une utopie de vie qui ne convient pas toujours au recruteur lambda, ni même à mon entourage.

Pourquoi chercher à rentrer les personnes dans une case? La société nous pousse toujours à appartenir des groupes. Etre de gauche ou de droite, aimer le jazz ou le hip hop, choisir entre être musicien ou consultant, DJ ou chef de projet, journaliste ou hôtesse de l’air? Et pourquoi pas tout en même temps si le coeur nous en dit. A défaut  de tout avoir dans la vie,  on peut toujours essayer de concilier, combiner, et à la fin obtenir un petit peu de tout ce que l’on veut.

Tellement de gens vivent avec des regrets « si seulement j’avais fait ça, j’ai toujours rêvé d’être ça.. ». Au lieu d’apprendre à faire des choix, la vie devrait nous éduquer à nous laisser porter vers l’inconnu, accepter de ne pas savoir, ne pas connaître et laisser les choses venir à nous sans crainte. Le meilleur moyen que j’ai trouvé d’y parvenir, me souvenir des rêves et projets que j’avais lorsque j’étais enfant. Ces désirs ne me trompent jamais car à l’époque où je les aient formulé, aucune peur ni désillusion ne s’entremettaient entre eux et moi. Mon monde était alors une île faite de possibles et d’espoirs. A 28 ans aujourd’hui, j’ai la nostalgie de l’ île.

48 heures à Luanda

img_0370Après un long vol ponctué de turbulences, j’ai finalement posé mes valises pendant deux jours à Luanda, capitale de l’Angola. Il y a beaucoup à dire sur cette ville colorée dont les façades d’immeubles rappellent l’influence portugaise . Bruyante et surpeuplée, elle est aussi la ville la plus chère du monde rendant la plupart de ses biens souvent inaccessibles à ses propres habitants, quant une poignée de privilégiés souvent expatriée bénéficie des revenus du pétrole et de la construction. Si vous n’êtes pas déjà occupée à chasser votre futur business man de mari qui danse sûrement le kizomba dans les hôtels luxueux de la capitale (beaucoup d’entrepreneurs portugais, libanais et locaux), il y a quelques sites qui méritent le détour. Une promenade relaxante le long de la Corniche (baia), une visite de la forteresse Saint Michel sou encore un dîner de fruits de mer le long de la Péninsule (Ilha) en font partie.

La forteresse Saint Michel: Cette citadelle surélevée surplombant la mer abrite aujourd’hui le musée d’histoire militaire de l’Angola. Construite lors de la domination portugaise en 1576, il s’agit d’un fief historique important de la ville puisqu’il fut le centre administratif de la colonie ainsi qu’une place de marché d’esclaves majeure. Aujourd’hui, cette place permet de comprendre l’histoire de l’Angola. de la colonisation portugaise à la lutte pour l’indépendance, en passant par les affrontements contre le régime sud-africain de l’apartheid. En plus d’éclairer sur les étapes phares du pays, ce musée offre un panorama exceptionnel sur la baie.

Si vous aimez l’art africain, le marché Benfica est une vraie malle au trésors d’où vous pourrez ressortir avec une pièce de collection pour un très bon prix (si vous savez y faire). Au milieu des objets d’art moderne que l’on retrouve partout en Afrique, se trouvent des oeuvres d’art uniques réalisées par des artistes locaux. J’ai eu la chance de rencontrer l’un d’eux; Floriberto, un congolais très sympa (beaucoup de congolais viennent travailler en angola pour fuir la guerre civile) qui connaît l’histoire et l’origine de provenance de chacun de ses objets . Des masques Chokwé aux statues Songe dédiées à la protection des maisons, mais aussi des instruments de musique traditionnels comme le viola (violon) ou kassange .

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Avant de rentrer, poussez un peu l’escapade jusqu’au Miradouro da Lua, mirador de la Lune, une sorte de canyon alternant falaises et gorges avec vue sur l’Océan Atlantique. L’érosion apporte à la roche un dégradé de couleur orange  rappelant la surface de la Lune (pour ceux qui y sont déjà allés), ce qui lui donne son côté si pittoresque.

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Et enfin, sur le retour vous pouvez vous arrêter au Musée de l’esclavage, une jolie maison blanche donnant sur la mer. Le contenu n’est cependant pas très élaboré et tout est en portugais donc bon courage pour les non latins.

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24h À Dar Es Salaam: le musée national

img_993724h à Dar Es Salaam, capitale de la Tanzanie, située au sud Est de l’Afrique, une mission pas vraiment accomplie d’avance. Comment trouver le temps de se reposer, manger, faire du sport, sans repartir avec l’impression frustrée de n’avoir rien vu ni appris du pays ? Pour de si courtes escapades qui ne permettent pas vraiment une exploration en profondeur, j’aime bien me rendre dans les musées nationaux qui  sont des sanctuaires vivants de l’histoire et la culture d’une nation. Et rien ne pouvait tomber mieux puisque le musée national de Dar Es Salaam se trouve être situé à deux pas de l’hôtel où je résidais.

Après quelques salutations du du soleil, me voici donc partie pour une matinée culturelle. Très petit, le musée national de Tanzanie et maison de la Culture  se compose de deux unités: un édifice principal consacré à l’histoire et à l’héritage culturel de la Tanzanie, ainsi qu’une extension dédiée aux expositions plus contemporaines.

Quand on arrive dans le premier bâtiment, on monte un escalier qui nous amène dans une salle remplie d’objets anecdotiques comprenant de vieilles cartes des mers et anciens ports de commerce, des photos des premiers chercheurs et explorateurs européens à avoir escaladé le Kilimanjaro, des objets relatifs à la civilisation Shirazi de Kilwa, des documents sur le marché des esclaves à Zanzibar, mais aussi des photos sur la période coloniale allemande et britannique, jusqu’à l’indépendance. Une seconde salle expose des artistes contemporains, et la dernière chambre est un laboratoire archéologique dédié à la présentation de fossiles d’animaux préhistoriques.

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Ancien port de Kilwa (Tanzanie)

Dans le jardin entre les deux ailes du musée, se trouve une exposition de vieilles Austin et Mercedes ayant appartenues au premier gouverneur britannique ainsi qu’au premier président de la Tanzanie indépendante, Julius Nyerere. Plus loin, un accrochage de sculptures réalisées par le célèbre artiste makonde local George Lilanga, reconnu internationalement pour ses peintures et sculptures de « Shitani » multicolores, figurines humaines ou animales tordues appartement à la croyance populaire en Afrique de l’Est.

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Ecoliers tanzaniens apprenant sur leur héritage à l’ombre du figuier
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Collection de Austin et Mercedes
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Exposition de George Lilanga

Bien que la structure narrative du musée pourrait être mieux travaillée, j’ai appris beaucoup de choses sur une culture très riche et complexe. Comme beaucoup de pays d’Afrique, la Tanzanie comprenait un port situé sur la route de la soie « Kilwa », ce qui explique son héritage actuel varié. Des marchants arabes, perses et indiens passèrent par là pour s’approvisionner en or, en bois et en ivoire. Après des années de domination portugaise, les sultans Omanais prirent le relais en révoltant les africains contre l’occupant,  enfin les allemands et britanniques s’implantèrent avant l’indépendance le 9 décembre 1971. Le résultat aujourd’hui, une population tanzanienne swahilie mixée inspirée de culture arabo-musulmane et africaine.

A faire aussi si le temps vous le permet  Une petite ballade au marché au poisson de Kivukoni qui vous permettra un premier contact avec la chaleureuse population locale.

 

 

24h à Algers: Tipaza, l’empire romain algérien

Aujourd’hui je vous emmène direction Tipaza, une petite ville portuaire située à 60 kilomètres à l’Ouest d’Alger. Sans artifice, elle possède un charme délicat avec la présence de la mer et les reliefs du massif du Chenoua qui viennent la border. Cette commune révèle surtout des ruines romaines et chrétiennes, derniers vestiges nostalgiques du passage de la culture gréco-romaine en Afrique du Nord.

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On y trouve de beaux restes de théâtres et amphithéâtres , une basilique, ainsi que de nombreux tombeaux .

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Petit bonus pour les littéraires, au milieu des vieilles pierres se trouve une stèle rendant hommage à l’écrivain Albert Camus dont le roman philosophique à succès  « l’étranger, » se déroulerait dans le massif Algérien.

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« Je comprends ici ce que l’on appelle gloire, le droit d’aimer sans mesure »

Aussi charmante soit-elle, Tipaza reste relativement  mal préservée et très polluée . Une collection impressionnante de canettes et bouteilles dévastent les lieux, gâchant quelque peu la carte postale. De même, si quelques explications sont fournies en français, il serait bien d’avoir des informations plus approfondies et en anglais, car les touristes anglo-saxons ont finalement, eux aussi le droit de se cultiver.

 

Afrique du Sud: Cape Town et ses alentours

Comme le dit l’adage mieux vaut tard que jamais, alors sans plus attendre voici mon post sur mon  périple en Afrique du Sud ( plus précisément de la région du Cape), deux semaines après mon retour. Comme un des privilèges de ma nouvelle profession/lubie d’hôtesse de l’air me le permet,  je ne parle pas là de la joie de me faire draguer par des passagers quadragénaires ni de remplacer les rouleaux de papier toilette dans les WC, mais bien de voyager partout dans le monde presque gratuitement. C’est donc ainsi que j’ai décidé de passer mes dernières vacances en Afrique du Sud. En quête de nature sauvage, d’une culture aux multiples facettes, mais aussi d’un endroit où je pourrais défouler mon trop plein d’énergie tout en me délectant d’une bonne cuisine locale, j’ai donc jeté mon dévolu sur Cape Town et sa région. Pour ceux qui souhaiteraient s’y rendre en voyage solo (comme ce fut mon cas), voici un bref aperçu du programme qui fut le mien pendant deux semaines.

 Cape Town et ses environs

Avant d’aller explorer les côtes sauvages du Cape, une petite escale pour planifier la suite de vos aventures s’impose. Grouillant d’auberges de jeunesses, de cafés,  bars, et restaurants, Cape Town est idéale pour cela. Si vous voyagez seul, vous ne peinerez pas à vous trouver un compagnon de route avec qui passer le reste de votre séjour dans un des nombreux hostels (auberges) de la ville. Personnellement j’ai choisi d’atterrir au Backpacker hôtel car il me semblait bien situé (centre ville) et relativement bon qualité/prix. Mais il y en a beaucoup d’autres du côté du bord de mer.  En général, vous devez compter 40 dollars la nuit dans un dortoir partagé. J’ai eu la chance de partager le mien avec un israélien marié qui avait décidé de prendre des vacances de sa famille pour voyager seul, un américain très musclé, et une canadienne faisant le tour du monde.

J-1: Péninsule du Cap

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Sans perdre de temps, je suis partie à la découverte de la Péninsule du Cape, avec une américaine rencontrée à mon hôtel. Uber peut aussi être une bonne alternative si vous êtes assez nombreux pour partager le taxi. Si vous êtes seul, il existe des tours organisés à la journée par différents organismes de tourisme, ou le bus Hop-on Hope-off que la ville met à disposition et qui connecte avec la plupart des auberges de jeunesse ou hôtels. La suite est très simple: rouler le long de la côte vers le sud, en prenant le temps de vous arrêter aux différents spots pour admirer la nature sauvage et les animaux qui l’accompagnent. Il est commun de s’arrêter à Kaalk bay; un village de pêcheurs où l’on peut prendre des selfies avec les phoques (je sais ça fait rêver), Boulders Beach, une plage de sable blanc où réside une jolie colonie de pingouins (environ 3000). Et enfin, la cerise sur le gâteau de cette épopée fantastique : le Cape of Good Hope (Cap du bon Espoir), réputé être le point le plus au sud de l’Afrique du Sud et carrefour entre l’Océan Indien et Atlantique (qui se trouve en réalité être le Cape Agulhas situé à environ 150 kilomètres). On peut le distinguer avec son pittoresque phare, d’où il est possible de contempler les falaises et la mer et comprend un pittoresque phare.

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Pingouins à Boulders Beach

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Vue du Cape of Good Hope

Jour 2: Cape Town Water Front et Robben Island

Voyager en Afrique du Sud n’est pas uniquement une immersion naturelle, c’est également voguer entre les différentes facettes d’une culture complexe et diverse.  Le pays est le fruit d’années de colonisation européenne,  d’apartheid, et enfin de réconciliation. Les sud africains ont un mot pour cela « Ubuntu »(que l’on peut traduire en humanité, mais surtout lien entre les hommes), qui symbolise le retour à la paix et le regard vers le futur.

Le touristique tour sur l’île de Robben Island, vous permettra peut-être d’appréhender de manière vivante un des chapitres les plus sombres de l’histoire du pays. Celui de la détention de Nelson Mandela, prisonnier politique pendant plus de 27 ans pour s’être indigné et révolté contre le système de ségrégation raciale de l’époque entre personnes de couleur, noirs et blancs. La visite étant conduite par un ex prisonnier, elle permet de vraiment s’immerger dans le contexte historique et d’explorer les conditions de détention de l’époque.

Second intérêt de l’île: sa faune et sa flore exceptionnelle. Quand les premiers hollandais y mirent les pieds, il n’y avait à l’époque que des manchots et des phoques d’où elle tire son nom en Afrikaan (« robben » signifiant « phoque »). Comme beaucoup d’autres endroits en Afrique du Sud, elle est d’ailleurs protégée par l’UNESCO, ce qui rend malheureusement impossible toute déambulation à pied sur son sol. Cependant le bus s’arrête une quinzaine de minutes pendant la visite, ce qui laisse assez de temps pour prendre de belles photos .

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Jour 3:  Découverte de la ville et de son héritage

Si vous n’avez pas la chance de rester plusieurs jours dans la région , la seule ville de Cape Town regorge d’histoire et d’activités. Tous les jours des promenades guidées gratuites sont données à travers la ville. Partant de Green Market Square, trois options sont possibles: celle du célèbre et typique quartier Malay du Bo-Kaap avec ses rues pavées et façades colorées. Celle du quartier autrefois multiculturel de Six District, détruit et transformé pendant le régime de l’apartheid à cause des migrations forcées (ce quartier fut déclaré blanc et les populations Khosanes noires ainsi que les colorés ont du partir), et enfin celle du centre historique de la ville (celui que j’ai choisi). Personnellement, j’ai opté pour la visite du quartier historique de la ville et je ne regrette pas. Le tour comprend un focus sur la lodge des esclaves, la cathédrale Saint Georges, le parlement,  la maison du président, et enfin le romantique jardin de l’ancienne compagnie Néérlandaise des Indes, construits à l’époque de la route des épices afin d’approvisionner  les marins en fruits et légumes frais avant de continuer leur route vers l’Inde.

Pour retrouver, le programme des visites guidées et gratuites, c’est ici.

 

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Maisons du Bo-Kaap

Jour 4: Table Moutain et Lion’s Head

Montagne mythique de la ville, il vous serait difficile de la rater. Que vous logiez en périphérie de la ville ou en plein centre, il est toujours possible d’en admirer les flans.  La Table Moutain (=montagne de la table en français , même si ça sonne vraiment mal) domine tout simplement la ville. Située au nord de la Péninsule du Cap, elle s’élève jusqu’à 1886 mètres et abrite plus de 1500 espèces de plantes dont le fynbos et la célèbre fleur nationale d’Afrique du Sud, les proteas. Autrefois, on y trouvait même des lions et des léopards, mais tous chassés aujourd’hui ils ont laissé place aux porc-épic et aux tortues.

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En plus d’être belle, elle offre aussi de nombreuses randonnées pour les marcheurs ou cyclistes qui souhaitent grimper au sommet. De Devil’s Peak à Lion’s head, ou Signal Hill, il existe collines qui la bordentplusieurs parcours sont possibles, offrant au sommet un panorama unique sur la ville, son littoral et ses montagnes. Au lever du soleil comme au crépuscule, en  ville ou en bord de mer, il existe mille et une perspective de cette montagne époustouflante.

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Vue de Lion’s Head
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Vue Lion’s Head

Jour 5: Le jardin botanique de Kirstenbosh et le domaine Constantia

Absolument immanquable, une promenade au sein du Jardins botaniques de Kirstenbosh. Situé au pied de la montagne de la table, ce jardin créé au début du 20ème siècle est le meilleur moyen de d’explorer la diversité de la faune et la flore d’Afrique du Sud. Il s’y trouve une importante collection de protéas (fleur nationale du pays), mais aussi des plantes de différentes régions d’Afrique comme les fynbos, savanne ou encore karoo. Ce parc est également apprécié des randonneurs car de nombreux chemins permettent de rejoindre les pistes de Devil’s peak ou le sommet de la Table Mountain.

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Jardin botanique de Kirstenbosh

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Puisque vous êtes dans les parages, pourquoi ne pas terminer la journée par une dégustation de vin au domaine viticole de Groot Constantia, dans la banlieue du CapCréé à la fin du 17ème siècle par le gouverneur hollandais de la colonie du Cap,  Simon Van der Steel, ce vignoble pittoresque est aujourd’hui une partie du musée d’histoire culturelle sud-africaine et présente du mobilier sud-africain de style hollandais d’époque. Le plus important, le vin y est bon et de qualité. Le billet pour la dégustation vous donnera droit à cinq vins: rosé, blanc et rouge.Je vous recommande le Pinotage et Merlot grâce auxquels j’ai pu passer une fin de journée euphorique. Puis histoire d’être ivre ET cultivé, un petit tour au musée adjacent auDomaine Constantia , vous livrera des informations sur son histoire et sur et le processus d’extraction du vin.

 

 

La solitude du routard

Comme certains le savent déjà, d’autres l’auront compris, il y a quelques mois j’ai déménagé (encore une fois) de Beyrouth à Dubai et j’ai abandonné mes piges mal payées de journaliste pour devenir…hôtesse de l’air. Un virage de carrière surprenant, et pourtant pas vraiment puisque j’ai toujours aimé voyager et écrire , ce que ce job me permet de combiner (au prix de quelques heures de sommeil). J’avais envie d’écrire ce billet pour parler du revers de la médaille des voyages et de l’expatriation, des doutes et aussi de solitude que l’on rencontre parfois sur la route.

Une multitude de raisons nous poussent à voyager. Explorer de nouvelles cultures, s’agrandir l’esprit, faire des rencontres, découvrir d’autres cuisines, fuir son quotidien, faire un break. Et dans le monde actuel où l’on communique plus rapidement que la vitesse de la lumière, voyager est devenu aussi simple qu’un claquement de doigt. A l’époque de nos parents, il s’agissait d’ un privilège de nantis, ou de hippies paumés. Aujourd’hui, c’est devenu si commun et « branché » que rare sont les espèces à ne pas promouvoir l’évènement à grands coups d’instashoots et Facebook posts.

Pourtant avoir une vraie vie de nomade; ne sont pas inclues dans cette vie les 5 semaines de congés payés aussi vite passées qu’oubliées, n’est pas toujours aussi rose qu’il n’y paraît. Le syndrome du départ est insaisissable même pour ceux qui en sont victimes. Qu’est-ce qui nous pousse à sortir de notre zone de confort, tout remettre en question, pour enfin partir…partir…(comme chantait Julien Clerc)

En ce qui me concerne , à chaque fois différents facteurs m’ont amené à troquer ma vie contre une nouvelle . L’envie de sortir de ma zone de confort et devoir faire autre chose tant que je suis encore » jeune » (bien que finalement ce mot ne veuille pas dire grand chose), une meilleure opportunité professionnelle, l’envie de fuir des problèmes personnels. Finalement un peu toutes ces raisons à la fois. Ne croyant pas en moi ici et maintenant, je me suis cherchée à travers des explorations lointaines.

Je ne regrette en rien ces choix qui m’ont et me forgent encore. J’ai tellement grandi à travers ces voyages, rencontré, changé aussi. Mon monde est devenu plus grand tandis que la planète est devenue beaucoup plus petite. Désormais des dizaines de pays et continents sont passés de simples points sur la carte à des endroits familiers.

En même temps, souvent quand je rentre d’un vol au petit matin, dans le bus qui me ramène chez moi, je me dis qu’il faudrait peut-être penser à rentrer à la maison, m’enraciner quelque-part, « construire » comme dirait les réactionnaires. Puis s’en suit une vague de doute et son déferlement de questions: Où? Avec qui? Pour faire quoi? Serais-je apte à la vie normale? C’est quoi ma vraie maison? Celle de mes parents? Celles où j’ai vécu? Là où sont mes amis?

Epuisée avant de trouver les réponses, je me dis que ma maison c’est peut-être simplement l’instant présent, ce moment ici et maintenant, et non des projections futures angoissantes. Je peux enfin retourner me coucher sur mes deux oreilles et continuer ma nuit tranquille. Et si j’étais juste faite pour cette drôle de vie?

24h à Accra

Que faire quand on a deux jours à tuer au Ghana, et plus particulièrement Accra? La majorité des sites intéressants au Ghana;  comme le fort de Cape Coast (lieu important de la lutte négrière classé au patrimoine mondial de l’UNESCO) ou les chutes d’eau de Wli, sont malheureusement éloignés de la ville. Néanmoins si vous êtes coincé au milieu de l’agitation citadine, il vous reste quelques options pour échapper au traffic et à la ville.

– Le marché de Makola

Après avoir arpenté les quatre coins de la planète, j’ai réalisé que les marchés sont  la meilleure vitrine locale d’un pays.  De la Chine à la Malaisie, en passant par l’Inde ou l’Afrique, ils font figure de showroom de ce qui se fait localement. Makola est l’un d’eux. Véritable lieu de vie et d’échange, il fut créé au début du siècle dernier et resta longtemps le principal centre d’interaction culturel et social de la ville. Détruit puis reconstruit depuis, il est aujourd’hui une place grouillante de femmes qui travaillent, leur bébé sous le bras ou pas très loin bien souvent. On peut y trouver de tout et de n’importe quoi: fruits frais,  poissons fumés,  escargots, sardines séchées (d’où l’odeur assez forte de l’endroit), mais aussi chapeaux en osier, textiles, beurre de karité. Quand on est blanche et blonde comme moi, on fait forcément figure d’outsider, mais si on prend le temps de vagabonder dans le labyrinthe des étalages sans crainte, on fait aussi de jolies rencontres. C’est aussi un bon plan pour les fashionistas cosmopolites, avec la possibilité de se faire tailler une robe ou une pièce sur mesure avec l’imprimé ethnique de son choix. Et il y en a des centaines .

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Idéal pour une excursion à cheval, cette plage sauvage est aussi une belle occasion d’observer la pêche matinale et de regarder des démonstrations d’acrobaties « offertes » par les locaux  en échange d’un bon pourboire.. On y trouve aussi des graffitis représentant le premier président du Ghana sur les pans de murs longeant le littoral.

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Jamestown

Constituant l’un des plus anciens quartiers de la ville, Jamestown fait partie du patrimoine colonial ghanéen. Son phare, autrefois construit par les britanniques (au fort James en 1871), puis reconstruit au début du 20ème siècle,  est un repère  pittoresque du village et accueille aussi un marché au poisson.

24h à Dakar: île de Gorée

Encerclée par l’Océan Atlantique, cette perle de l’Afrique de l’Ouest que l’on surnomme la » presqu’île du Cap vert » a beaucoup à offrir au touriste de passage. J’ai eu la chance d’y passer 48 heures, juste assez pour m’imprégner de son atmosphère unique et de découvrir quelques-uns de ses principaux attraits.

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 Après avoir longé la Corniche de Dakar en voiture, pris le temps d’admirer sa mosquée de la Divinité, une merveille islamique située sur la plage à flanc de falaise, être passé devant le célèbre marché aux poissons, nous voilà au port de la ville direction l’île de Gorée. Vingt minutes et quelques remous marins plus tard, nous mettons les pieds sur la terre ferme et découvrons un joli petit village aux allures de Havane avec ses maisons colorées abîmées et ses palmiers. Ce que nous savons moins, c’est que derrière ses bâtisses pittoresques, ce lopin de terre de 300 mètres de large et 900 de long renferme une histoire bien sombre. baobab

En effet, l’île de Gorée (=expliquer histoire du nom) fut pendant 400 ans le théâtre d’une traite négrière sans précédents (plus de 15000 esclaves transitèrent par l’île entre 1761 et 1848 et d’une conquête entre les différentes puissances coloniales portugaises, hollandaises et bien sûr françaises et britanniques. Aujourd’hui, l’esclavage a fort heureusement été aboli mais il subsiste un établissement symbolique servant de mémoire de la tragédie; la maison de la signare Ana Colas Pépin, plus communément appelé maison des esclaves. Cette jolie maison colorée de style italien donnant sur la mer est utilisée depuis les années 80 pour décrire et ne pas oublier l’esclavagisme qui sévit sur l’île durant les siècles passés. Alors que le guide nous décrit l’horreur de la servitude avec un sourire serein, nous écoutons sagement le silence de mort qui réside dans les salles obscures. L’une servait à peser les hommes afin de déterminer s’ils étaient apte à la vente; dans l’autre on forçait les trop maigres à manger, une était destinée aux femmes vierges, et enfin la dernière servait de pièce de lente agonie aux rebelles et récalcitrants qui étaient battus et laissés affamés pour servir d’exemple. Un contenu sinistre qui contraste violemment avec l’architecture chic de la demeure avec vue sur mer. A l’extérieur, un ponton qui servait autrefois de pont entre les esclaves et leur future vie de servitude, certains préférant même de se suicider avant la traversée.

Pour terminer sur une note plus douce, l’île est aujourd’hui un petit havre de paix où il fait bon manger du poisson frais (je vous conseille la lotte ou le thiof), se promener ou encore acheter quelques objets d’artisanat africains. On y trouve également une église catholique Saint-Charles- Borromée ainsi qu’une mosquée et surtout, de jolis baobabs, arbre national sénégalais.

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Monument de la renaissance africaine

Un autre monument immanquable de Dakar est celui de la renaissance africaine. Incontournable puisqu’on le voit dominer depuis l’aéroport l’un des deux cônes volcaniques situés à l’extérieur de la ville « les deux mamelles.. En effet, cette massive colonne de bronze initiée par l’ancien premier ministre Abdoulaye Wade pèse plus de 170 tonnes et représente une femme et un homme portant un enfant pointant vers l’océan et l’avenir. A l’intérieur de la statue, on peut visiter un petit musée sur les dates clés de l’esclavagisme et sur les figures de la résistance noire. Le prix est négociable à l’entrée, normalement plus cher pour les étrangers mais j’ai finalement j’ai payé le prix des locaux donc il y a de l’espoir. Si on paie pour une visite complète, on peut même monter jusqu’au top de la statue et avoir un bau panorama sur la ville.

Le projet fut néanmoins fortement critiqué car il coûta un bras aux contribuables (28 millions de dollars tout de même) et parce que la femme dénudée aux airs de Shakira dans son clip Whenever Wherever, n’a pas vraiment plus à l’ensemble de la population à 95% musulmane.

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Marché de Sandaga

Il ne me restait malheureusement plus beaucoup de temps pour explorer le vaste marché traditionnel de Sandaga, cependant je ne pouvais partir sans y faire une escale. Je me suis gentiment fait escorter par un ami de mon conducteur de taxi qui m’a fait vagabonder dans les ruelles de ce marché dense et paradis pour les amateurs de tissus, bijoux et motifs ethniques.

24 heures à Taipei

Cet archipel situé à l’Est de la Chine en Asie du Sud Est pourrait être qualifié d’excentrique.  Historiquement aux mains des japonais, puis des chinois et devenu officiellement part de la République de Chine aujourd’hui,  nombreux sont pourtant ses habitants indépendantistes . Les Taïwanais seraient-ils les corses de l’Empire du milieu? En tout il s’agit aujourd’hui d’une des économies les plus florissantes en dehors des Nations Unies. Un vrai paradis du shopping avec ses multiples marchés nocturnes où l’on peut trouver absolument tout et..rien. Il y a matière à explorer pour les fashion victimes et autres hipsters internationaux.

Shilin: temple du shopping « cheap » 

Taipei regorge de marchés de nuit, mais l’un des plus grands et plus réputé est sûrement le marché Shilin.  Il se compose de deux espaces: une partie couverte dédiée à l’alimentaire, et où il est possible d’essayer des spécialités typiquement taïwanaise comme les omelettes à l’huître,  le stinky tofu = le tofu qui pue, ou encore le célèbre bubble tea (un thé au lait avec des petites billes de tapioca ). La second partie se situe à l’air libre, dans  la rue, et propose une multitude de gadgets et accessoires en tout genre: peluches manga, protection pour portable, anneaux pour téléphone, vêtements, mais aussi des petites choses très utiles comme des clipsHello Kittypour garder ses écouteurs bien rangés .

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Shilin Market
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Quartier commercial de Ximending

La collection controversée du musée national de Taipei

Autrefois musée d’antiquités,  le musée national du palais de Taipei abrite aujourd’hui une impressionnante collection de plus de 696 373 pièces d’oeuvres d’art chinois, regroupant à la fois calligraphies, bronzes de la dynastie Ming, jades, peintures et céramiques des dynasties Song. Plus qu’une simple institution artistique, ce musée héberge et préserve depuis plus de 80 ans les collections issues de la cité interdite. Une migration d’oeuvres d’art débutée sous l’insurrection japonaise en 1933, et qui s’est poursuivie après la révolution culturelle. Un périple qui dura trente ans et s’effectua sur dix mille kilomètres, par voie ferrée et fluviale . Cet exil du patrimoine chinois est aujourd’hui largement contesté, autant en Chine continentale qui se sent privée de son héritage culturel, que par les souverainistes taïwanais qui voient en ce musée le symbole de la subordination au pouvoir central chinois. Exit la politique, son architecture, tout comme ses expositions sont un vrai trésor historique.

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Le quartier Hipster de Taipei: Huashan 1914 Creative Park

Cette ancienne fabrique de vin ouverte en 1916, s’est reconvertie en galerie marchande rétro-chic.  Au milieu des différents entrepôts remodelés: festival de sacs, portes-monnaie et autres pièces de designers 100% made in Taiwan. Véritable repère de Hipster, cet espace comporte également un cinéma indépendant; le Spot. qui projette des films de la nouvelle vague française . Donc si vous avez le mal du pays et une envie soudaine de visionner le Mépris à Taipei… vous savez où aller.  En dehors de l’aspect bobo chic du lieu, on y trouve aussi de nombreuses activités à destination des familles et enfants comme la visite de la maison retournée. Le principe: une maison renversée, de quoi vous faire tourner la tête.

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Lundi matin, j’attends mon train

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Il y a quelque temps j’avais écrit un article sur le blues du dimanche soir que l’on peut ressentir avant d’attaquer chaque nouvelle semaine. Mon passage à Paris la semaine dernière m’a donné envie d’écrire sur les lundis matins qui succèdent à ces dimanche cafardeux. Car chez certains la détresse s’est substituée  depuis longtemps à la simple mélancolie pour un jour finir à la une des annonces de la SNCF: « accidents » de voyageur ou de « personne », une jolie formule pour dire que quelqu’un s’est suicidé. « Mesdames, messieurs votre attention s’ils vous plaît. Suite à un incident voyageur, le train numéro 3908 en provenance de Montluçon et en direction de Paris- Austerlitz sera retardé d’au minimum une heure. Nous vous remercions de votre attention et vous prions de bien vouloir nous excuser. » Le verdict est tombé et le courroux de la foule enclenché, ce qui donne un nouveau prétexte aux râleurs de pratiquer leur sport favori: se plaindre. « Ils aiment ennuyer le monde », puis-je entendre à ma droite, « mais quelle idée de se suicider un lundi matin? » surenchérit sa compagne pleine de compassion.Oui bien-sûr, Vous avez parfaitement messieurs dames, avaler des pilules dans son lit un dimanche soir et crever dans l’indifférence la plus générale aurait été beaucoup plus judicieux, moins égoïste. Mettre fin à ses jours est un acte très égoïste ai-je aussi pu entendre dire à plusieurs reprises. D’ailleurs je pense que l’âme désespérée qui s’est jetée sur le chemin de fer ce matin à sûrement prémédité son coup, un énième stratagème narcissique pour se faire remarquer et retarder l’emploi du temps de Madame Dupont . Parce-que les suicidaires ne pensent qu’à eux après tout. Tout en m’empiffrant des petits Lu du plateau repas offert par la SNCF pour acheter notre patience, je me dis que c’est quand même un peu fou qu’à l’heure des technologies de la communication, alors qu’il est possible d’accéder en instantané aux informations de la planète entière, le monde semble devenir plus insensible que jamais au malheur d’autrui. La guerre, la pauvreté, les réfugiés, les attentats suicides, le terrorisme…on s’y intéresse mais en surface et avec éloignement, et pour  assouvir une certaine curiosité malsaine. On s’émeut sur la photo du petit Aylan Kurdi, on revoit cent fois la vidéo d’un flic se faisant abattre comme un chien par des fanatiques sur BFMTV, et parfois on pleure devant un reportage sur le sort des réfugiés de Calais. Puis on retourne aussi vite changer sa photo de profil et publier les dernières news de sa vie trop cool sur Facebook. Peut-être faudrait-il se déconnecter des écrans, le temps de se reconnecter avec nos voisins et retrouver l’empathie qu’il nous manque parfois. Ce matin, j’ai voulu prendre mon train et au même moment un inconnu a décidé que les jours ne se suivraient et ressembleraient plus. Ce matin, pour lui il n’y aura plus de lundi matin.

Bref, J’attends mon train.