24h à Beijing: la cité interdite

Impossible d’évoquer la Chine sans penser à sa grande muraille, une fortification iconique datant de l’époque Ming, ou encore aux palais de la cité interdite. Si je ne ferai donc pas l’impasse sur ces monuments clés de la ville, je vais néanmoins vous parler d’une autre spécialité chinoise: le  hot pot. Cette pratique culinaire  millénaire est devenue un incontournable des restaurants de Shanghai, Beijing ou Singapour .

Une histoire de « Hot Pot »

Les libanais n’ont qu’à bien se tenir, le hot pot serait l’équivalent chinois de ce que sont les mezzés à la cuisine arabe, dans le sens où l’on se retrouve autour d’une table pour partager plusieurs mets de petite taille. Le principe? Une table avec une casserole creusée dans au centre, à l’intérieur de laquelle on fait bouillir de l’eau avec du bouillon à la manière d’un pot-au-feu. Une fois  l’eau à ébullition, on y trempe un florilège d’ingrédients afin de les faire cuire. Parmi eux, de la viande, du poisson mais aussi beaucoup de légumes  tels que du Tofu gelé, des pousses de soja, de la fleur de lotus, des pommes de terre, de la pâte à crevettes (aussi suspicieux que  succulent), des champignons, carottes, chou fleur, des algues, des nouilles au tapioca, des boules de viande ou de poisson….et j’en passe

L’histoire du hot pot remonte à plus de mille ans, dans les steppes de Mongolie où il était commun de manger de la viande et du mouton dans une soupe très chaude. Elle s’est ensuite étendue sous l’Empire Song dans le sud de la Chine et s’est finalement popularisée sous la Dynastie Qing ( de 1644 to 1912). Aujourd’hui,  dans beaucoup de maisons, et surtout dans les grandes villes, le traditionnel bateau à vapeur chauffé au charbon est remplacée par une plaque à induction. Je vous conseillerai d’accompagner cette orgie culinaire pékinoise par une bonne bière locale ou un bon lait de soja en canette.

Une rue près du Radisson Blue propose une série de restaurants à Hot Pot

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Hot Pot traditionnel

Cité interdite, jardins impériaux et hutongs

Moins célèbre que sa camarade la Grande Muraille de Chine, la cité interdite est pourtant un site impressionnant qui s’étend sur plus de 74 hectares au coeur de la ville de Beijing. Abritant l’ancien palais impérial, ce complexe fut construit par Yongle, le troisième empereur Ming entre 1406 et 1420. Une ville impériale entourée de jardins impériaux; le parc Zhongnanhai à l’est, Beihai au nord-Ouest et le ingshan au nord. Ce dernier est un parc millénaire absolument pittoresque malgré son passé obscure, le dernier empereur Ming Ming Chongzhen s’est quand même pendu aux jolies branches de ses arbres, et vous offrira un beau panorama de la cité interdite et des toits en prenant un peu d’altitude. Au sud de la Cité interdite s’étend l’immense  place Tian’anmen avec au centre de laquelle se trouve le mausolée de Mao Zedong. Quand je l’ai vu, j’ai voulu faire un remake de la célèbre photo d’Ai Weiwei où son modèle  féminin soulevant sa jupe en doigt d’honneur à la révolution culturelle et au régime, mais la tête des gardiens du lieu m’ont  dissuadé de montrer ma petite culotte. Je n’ai pas envie de me faire manger un petit doigt ou quelque-chose comme ça.

Assignés à résidence, les empereurs ne  sortaient que très peu  de cette ville interdite et le peuple y était bien évidemment privé d’accès. La cité se compose de deux cours: Une cour intérieure entourée à l’est et à l’ouest de 6 pavillons; elle était dédiée à la famille impériale et aux concubines, ainsi qu’une cour extérieure où l’on recevait les officiels et ministres. On y trouve aussi le pavillon de l’Harmonie suprême, de l’Harmonie parfaite et de l’Harmonie préservée. L’ensemble de ces maisonnées à l’architecture typique  avec de grandes colonnes de bois soulevant une toiture de tuiles rouge aux allures de pagode à deux étages. Il constitue aussi un véritable musée vivant conservant des céramiques, peintures et sculptures de l’ancienne civilisation chinoise.

A l’extérieur de la ville, il est aussi possible de faire un tour des hutongs en touk-touk. Ces petites ruelles étroites traditionnelles constituent l’héritage de la ville de Pékin, construites sous l’ère Yuan il y a plus de 700 ans. Marchandez bien avant d’y aller car les prix sont souvent exorbitants pour un intérêt tout relatif. La tournée vaut quand même le détour car c’est un des rares vestiges de la ville en pleine mutation urbaine.

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La cité impériale vu du Jardin Jingshuan

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Grande muraille de Chine

Une fortification impressionnante s’étendant sur plusieurs milliers de kilomètres d’Est en Ouest de la Chine, autrefois protection contre les invasions eurasiennes mais aussi point de contrôle des importations de la route de la soie. J’ai personnellement visité la section Mutianyu réputée pour être une des mieux préservée mais aussi plus ancienne du site. Elle se situe à 70 kms au nord-ouest de Pékin et servait de ligne de défense du nord de la capitale et des tombes impériales. Son mur de granit est de 7 à 8 km de hauteur et 5 de largeur. Un côté massif qu’on sent passer dans les gambettes, surtout quand il s’agit de grimper les marches pour accéder aux miradors. Des marches qu’on dirait conçues pour des géants. En tout que coureuse, Je n’ai pu m’empêcher d’avoir une petite pensée pour ces joggeurs assez téméraires pour se lancer dans l’aventure du marathon de la Grande Muraille de Chine , devant se frotter à monter 3700 marches comme celles-ci.

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Rajasthan diary, une épopée épicée

Avec une population de plus d’un milliard d’habitants, une superficie de 4 fois la France, 5 religions et 23 langues officielles, il est impossible de se faire une image complète de l’Inde . Mon trop court séjour ne constitue qu’une esquisse des milles facettes de ce pays où splendeurs et horreurs cohabitent joyeusement. J’ai donc choisi de me concentrer sur l’ancienne des terres des princes: le Rajasthan. Mais avis aux princesses dans l’âme, en dépit du caractère royal de la région, voyager en Inde est une expérience aussi merveilleuse qu’éprouvante. N’en déplaise à votre cheveu frisottant refoulé, la météo reste plutôt hostile une majeure partie de l’année avec une humidité importante et les conditions d’hygiène sont plutôt rudimentaires. A la fin de chaque journée j’avais envie de tremper mon corps dans l’alcool à brûler à cause de la poussière et de la pollution. Réfléchissez-y aussi à deux fois avant de mettre les pieds dans n’importe quel Dhaba (équivalent des restaurants de routiers largement répandus en Inde et au Pakistan) sous prétexte que c’est bon marché. Le système immunitaire d’un indien vaut dix fois le vôtre. Mais si vous n’avez pas peur de la vie rurale (les vaches sacrées pullulent dans toutes les villes indiennes), de tester de la nourriture ultra épicée dès le petit-déjeuner, vous pourrez apprécier le charme unique et inimitable de l’Inde et de ses habitants. Les soirées chaudes à se goinfrer de chapati pour faire passer les épices,  le son mélodieux du veenamrutham  et les cris du paon  dans les jardins de Jaipur ont laissé leur empreinte safranée dans mon palais et dans mon coeur.

Mon parcours: Le triangle d’or Delhi-Agra- Jaipur-Ajmer-Pushkar

DELHI

 Il est immanquable de passer par le fort rouge, un imposante bâtisse et ses remparts d’argile rouge. Construit par le  Shah Jahan, même empereur moghol qui fut à la tête du Taj Mahal, il s’agit aussi d’un lieu iconique de l’Inde indépendante puisque son drapeau y a été érigé pour la première fois en 1947 par le premier ministre de l »époque au dessus du Lahore Gate. Il abrite aujourd’hui une mosquée, un musée et des jardins. Situé à quelques pas, on trouve aussi la Mosquée Jama Masjid dont il est possible de grimper le minaret offrant  une sublime vue sur la ville au coucher du soleil. Toujours à proximité, le musée et mémorial Mahatma Gandhi (une grande plaque de marbre) rendre hommage au grand prédicateur de la paix. Si vous êtes aussi intéressé par la spiritualité hindouiste, le temple du Lotus créé par l’architecte iranien Fariborz Sahba mérite également le détour pour son architecture  contemporaine unique construite en forme de lotus, symbole de pureté pour les hindous.

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Le temple du Lotus

 

AGRA

Agra est l’ancienne capitale de l’empire Moghol au 16 et 17 ème siècle et connu les règnes successifs des empereurs Akbar, Jahangir et Shah Jahan. Quant au Taj Mahal, je laisse les photos parler d’elles même. Juste pour infos, le Taj Mahal n’est pas un lieu de culte mais un mémorial que le Shah avait fait construire pour sa bien-aimée Momtaz Mahal (lumière du palais). Il est recouvert de marbre et incrusté de pierres précieuses provenant d’Afghanistan, d’Arabie Saoudite, du Yemen et même d’Iran et brille de mille feux sur les rives de la rivière Yamuna. Entouré par deux mosquées à sa droite et à gauche, on y accède par un arche principal avec un plan d’eau dans lequel il se reflète.

Taj Mahal

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Taj Mahal

Fatepuh Sikri

A environ 40 kms à l’ouest d’Agra, moins célèbre mais néanmoins édifiant, se situe le site de Fatepuh Sikri. Un fort établit sur un plateau rocheux et entouré d’un mur d’enceinte de 6 kms. C’est ici que se localise l’ancienne capitale de l’empire Moghol sous l’empereur Akbar. Sur le site sacré de Sikri, on trouve une grande mosquée, une cour de réception, ainsi qu’un mausolée et sur celui de Fatepuh; les anciennes demeures de ses trois femmes (hindou, chrétienne et musulmane) témoignant de l’exceptionnelle ouverture d’esprit de ce polygame éclairé. Toujours intact aujourd’hui bien que déserté, il y règne une ambiance unique au crépuscule où des chiens errants rôdent dans les anciennes salles de réception du roi..

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Fatepuh chhatris (petits kiosques à dômes)

JAIPUR

Après 6 heures d’un long voyage en bus de fortune, arrivée à Jaipur, ville des Rajputs (princes et guerriers) de l’empire moghol et de leur raffinement exceptionnel. Bien que cette ère soit totalement révolue et que le Rajasthan d’aujourd’hui soit plus rural que royal, on peut toujours sentir cette nostalgie du faste perdu à travers les vestiges architecturaux uniques qu’ils ont laissés.

Hawa Mahal

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Hawa Mahal et Havelis typiques de l’architecture rajasthani

Jahal Mahal

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Jaha Mahal

Amer fort

Situé à 11 kilomètres de Jaipur, il s’agit d’un merveilleux palace  degrès rouge et de marbre surplombant le lac Maota . Répandu sur quatre niveaux avec chacun une cours intérieure, il possède plusieurs éléments hindous comme des images  du kama sutra dont le Raj s’inspirait pour égayer ses nuits érotiques. On y découvre que la polygamie n’est pas seulement une excentricité accordée par l’islam mais dans bien d’autres religions puisque même les maharajas avaient plusieurs femmes et le fort en est un bel exemple avec l’astuce architectural de chambres communicantes permettant de se déplacer sans êtres vus. Non loin d’Amer Fort, Jaigarh fort  est aussi impressionnant pour ses ramparts  qui offrent un panorama exceptionnel sur les collines Aravalli

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Amer Fort
Amer fort
Amer fort

Jantar Mantar

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Jantar Mantar

A première vue, on se demande un peu ce que ces pièces d’architectures disparates peuvent bien représenter. Quand on creuse un peu, on comprend pourquoi le lieu a été classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Il n’est autre qu’un des plus vieux observatoires astronomiques. Construit par le maharaja Jain Singh II, il comprend une série impressionnante d’instruments astronomiques très pointus qui permettaient de prédire les éclipses, de calculer les coordonnées des planètes ou encore de mesurer le temps et le zénith avec précision. Si comme moi vous êtes une buse en sciences et astronomie, laissez-vous simplement envoûter par la beauté architecturale du site et des différentes perspectives qu’il offre.

City palace de Jaipur

Il s’agit de l’ancienne résidence royale des maharajas de Jaipur. Ce complexe comprend un ensemble de cours intérieure, jardin et d’édifices d’architecture typique Rajasthani, ainsi qu’un musée représentant des portraits des différents maharajas qui se sont succédés à la tête de la ville. On y trouve également de massives jarres de verre pouvant transporter jusqu’à 4 litres d’eau et que le roi avait l’habitude d’amener avec lui lors de ses visites à la cour d’Angleterre afin de porter avec lui l’eau sacrée du Gange.

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AJMER

La mosquée et Dargah
Situé au pied d’une colline dans la partie ancienne de la ville, c’est l’un des lieux les plus importants en Inde pour les pèlerins musulmans. Le Dargah est le tombeau d’un saint Suffi, Khwaja Muin-ud-din Chishti, qui est venu à Ajmer de Perse en 1192 et mourut en 1236. La   construction de ce sanctuaire a été complété par Humayun et est au centre de la seconde cour. Il a un dôme de marbre et est entouré par une plate-forme d’argent.

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PUSHKAR

Signifiant « lotus bleu », Pushkar est une étape majeure pour tous les hindous puisqu’elle constitue un lieu de pèlerinage célèbre, étant le siège d’un temple dédié au dieu Brahmâ créateur de l’univers. Chaque année des milliers de visiteurs s’y déplacent pour se baigner dans ses eaux sacrées de son lac accessibles par plus de 52 ghats ; sortes de gradin permettant aux hindous de descendre dans les eaux  mais aussi de faire leurs ablutions et offrandes. La ville est aussi célèbre pour sa foire aux chameaux tenue en octobre.

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Pushkar
Baignade dans les eaux sacrées

 

 

24h à Shangai:

La semaine dernière, j’ai foulé le sol de l’empire du milieu pour la première fois,, destination Shanghai. Et autant dire qu’avec ma blondeur cette visite n’est pas passée inaperçue. On m’avait beaucoup dit sur cette ville; qu’elle n’était pas vraiment représentative du reste de la Chine par son caractère cosmopolite et son regard tourné vers l’économie de marché. Pourtant,même si de nombreux expatriés y résident, que les menus et station de métro sont traduits en anglais (fort heureusement), avec sa population de plus de 19 millions d’habitants (c’est la ville la plus peuplée du pays), rien ne m’a fait douter une seule seconde du fait que j’étais en Chine. Noyée dans le flot des chevelures raides noir de jais, c’était plutôt « 50 millions de chinois et moi et moi et moi… »

« Un indien dans la ville »

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Ce fut un petit peu mon sentiment quand je me suis retrouvée dans les rues surpeuplées de la ville, car la difficulté numéro un à Shanghai, c’est la communication. En effet, peu de chinois parlent anglais et quand vous commencez à vous approcher d’eux pour leur dire « hello », ils ont déjà fui quand ils ne vous regardent pas avec des yeux ébahis dans le meilleur des cas.  Même si il est toujours possible de se débrouiller (j’ai de grandes qualités d’expression corporelle), ça peut parfois rendre la tâche ardue. J’ai quand même été  à deux doigts de me faire dessus car je n’arrivais pas à leur faire comprendre que je cherchais des toilettes. Finalement après une longue partie de taboo, j’ai enfin pu trouver les W.C (ils comprennent mieux).

 » Le mariage de la tradition avec la modernité »

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Au bord du Bund

Ce qui frappe le plus à Shanghai, c’est l’alliance de la tradition  et de l’hyper modernité. De la vieille ville  où repose le jardin YuYuan  construit sous l’empire Ming, au quartier touristique du Bund situé sur les berges de la rivière Huangpu et autrefois siège des concessions étrangères, en passant par le  quartier d’affaire Lujiazui abritant les célèbres tours de Shanghai (Perle d’Orient et le Centre financier de la ville) , il n’y a qu’un pas. Pourtant des millénaires semblent être passés par là;  de la guerre d’Opium au tournant économique des années 90, la ville a subi de profondes mutations qui se ressentent aujourd’hui sur l’empreinte architecturale et culturelle de la ville, autant peuplée de gratte-ciels que de lilongs et shikumens ( ruelles étroites composées de bâtiments mitoyens).

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Yu Garden « jardin du bonheur » dans la vieille ville au nord de Shanghai

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People’s Park

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24h à Bangkok: une histoire de temples

Bangkok, c’est le paradis du Pad Thai, du Mango sticky rice, des marchés à n’en plus finir et des massages bon marché. Mais c’est aussi une des villes les plus peuplées abritant  la spiritualité bouddhiste Theravada, ce qui explique peut-être  le sourire et la gentillesse de ses habitants. Malgré un climat très humide qui fera ressortir tous vos frisottis refoulés, Bangkok est une ville dont on peut difficilement se lasser. Vivante, grouillante et calme à la fois, elle est aussi profonde que déjantée. Que l’on soit moine ascétique ou à la recherche de la folie nocturne, toutes ces facettes sont disponibles à la fois. Voici un petit condensé de mes adresses si vous avez deux jours à perdre dans la capitale, entre shopping, culture et relaxation.

Promenade  le long de la rivière Chao Phraya sur les traces des temples Bouddhistes:.

wat arun Pour cela, il vous suffit de prendre un bateau à la station  et de vous arrêter  à toutes les stations. Vous pouvez y découvrir le Palais Royal qui était l’ancienne résidence du roi au 18ème siècle et dont les 21 hectares abritent aussi le bouddha d’Emeraude (Wat Phra Kaeo) qui est un Bouddha géant en or. C’est un des lieux les plus touristiques de la ville, mais sa splendeur vaut le détour. Sinon, plus pittoresque, le Wat Arun (temple de l’aube) est impressionnant avec ses  statues de soldats et d’animaux chinois à l’entrée et ses kinaries sur le toit (femmes aîlées aux mains jointes) . Mon préféré , « Benchama Bophit » aussi appelé le temple de marbre  est un peu  plus excentré mais juste magnifique et un grand bouddha réside aussi à l’intérieur.

Dépenser  tous ses bahts au marché:

Impossible de quitter Bangkok sans avoir mis les pieds dans l’un de ses nombreux  marchés. Qu’ils soient couverts dans des grands complexes commerciaux comme MBK ou Platinium ou en plein air,  dédiés aux vêtements ou produits frais (« wet market »), les marchés font légion dans la ville de toutes les débauches. Un des plus célèbres ouvert seulement le week-end est celui de Chatuchak. Une fois arrivé à destination sortie de métro , des centaines de ruelles foisonnant de monde mènent aux étalages infinis de produits d’artisanat locaux (cosmétiques ou accessoires made in Thailand) mais aussi de nourriture. C’est l’endroit idéal pour s’initier aux spécialités du pays, à savoir ses fruits savoureux (mangosteen, fruit du dragon, mangue) et plats typiques ( glace à la noix de coco agrémenté de noix de cajou et rick gluant, Pad thai, Pad sew). Et quand il pleut pendant les périodes de Mousson, vous pouvez sauter de stand en stand sans sortir car ils sont tous interconnectés.

> Chatuchak : http://chatuchak.org/

Se faire masser:

La Thaïlande s’est aussi fait connaître pour ses ping pong shows et et massages traditionnels, mais comme je ne préfère pas m’attarder sur la glauque et première option, je vous parlerai seulement de la deuxième et dans sa définition classique. Donc oublions les  « happy ending » pour un moment. Les ruelles de Bangkok débordent de centres de massage plus ou moins professionnels aux prix avantageux . Massage de pied, dos, ou complet, il y en a pour tous les besoins. Si je ne suis personnellement pas fan du massage traditionnel thaïlandais qui consiste à appuyer sur certaines parties du corps pour en libérer les lignes d’énergie en stimulant la circulation sanguine, je ne peux pas m’empêcher de me sentir un peu « charcutée » à la fin de la séance, il est aussi possible d’opter pour un simple massage aux huiles essentielles.

Bodywork: http://www.silombodyworks.com/

Un peu de culture…

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Au delà des temples, Bangkok comporte aussi de nombreux sites culturels. Parmi eux, le BACC centre culturel de Bangkok,  le Moca Musée d’Art Contemporain de Bangkok , la Maison de Jim Thompson et quelques autres galeries. En ce qui me concerne, j’étais intriguée par la Maison de Jim Thompson, une habitation construite par un ancien architecte américain ayant rejoint l’armée américaine et les services de renseignement militaires (OSS) avant la seconde guerre mondiale. Installé en Thaïlande après la fin de lcelle-ci, il y resta 25 ans et contribua grandement au développement international du tissage de la soie thaïe, mais laissa surtout une magnifique résidence. Composée de six bâtiments en teck et entourée par un mini jardin tropical,  cette demeure donne le sentiment d’être hors-du-temps et de l’espace, comme isolée des tourments de la vie citadine. Elle reprend des éléments typiques de l’architecture Thai comme la sonctruction sur pilotis (pour se prémunir des inondations) ou le toit élevé vers le ciel (comme dans les temples ). Le plus remarquable de cette maison est la précieuse collection d’objets d’art de son propriétaire , un ensemble d’éléments décoratifs asiatiques incluant des sculptures de lion d’inspiration khmer (réputés être gardiens de la maison) , un bouddha en teck ou encore porcelaines de chine. La visite se fait en une une demie heure et on en ressort avec un doux sentiment de plénitude et nostalgie. A ne pas manquer, en plus des adorables guides sont disponibles en français, anglais et même japonais.

Maison de Jim Thompson: http://www.jimthompsonhouse.com/museum/index.Asp

 

 

 

 

 

 

24h à Stradford-Upon-Avon

On a beaucoup parlé de Shakespeare et des nombreux chefs d’oeuvre qu’il a laissé derrière lui: Roméo et Juliette, Songes d’une nuit d’été, Le marchant de Venise, Hamlet, le Roi Lear, Richard  III, …. si bien qu’il a même donné son nom à la langue anglaise. Mais on a tendance à ignorer d’où le génie de la littérature vient. Où il est né,  où il a grandit….

Comme j’ai eu l’occasion de séjourner à Birmingham mais que je ne me sentais pas l’âme de passer une journée entière à faire du shopping dans ce temple de la fringue, j’ai donc sauté dans un train à Moor Street Station direction Stradford-Upon-Avon. Située à une heure de train, cette jolie bourgade en pleine campagne anglaise a vu naître le 26 avril 1954.un certain William Shakespeare.  Je n’y avais personnellement pas mis les pieds depuis le lycée quand ma gentille prof d’anglais avais courageusement entreprise d’amener les rejetons indisciplinés que nous étions en voyage scolaire sur les traces du célèbre dramaturge.

A la descente du quai, quelques pas suffisent pour se retrouver totalement immergé dans ce village où l’on croirait que le temps s’est arrêté à l’époque des Tudors avec ses maisons à colombage et vastes jardins . En réalité,  Stradfort-Upon-Avon est un vrai sanctuaire dédié à l’écrivain britannique où l’on peut déambuler le long d’un parcours menant à travers les différentes habitations qui ont marqué sa vie ou celle de ses proches. Parmi elles,  la maison de son enfance sur Henley Street (on peut y visiter l’atelier de gantier de son père, sa chambre à coucher ou encore la salle à manger familiale), celle de sa fille Susanna et de son époux le docteur John Hall (Hall’s Croft). Mais aussi le cottage de Anne Hathaway (sa femme); une ferme datant de plus de 500 ans où cette dernière naquit et grandit avec sa famille de fermiers. Et enfin la maison de sa mère Mary Arden , une ferme organique avec des animaux qui retranscrit le mode de vie sous les Tudors . Plusieurs combo de tickets sont disponibles et permettent d’accéder à l’une ou l’ensemble des maisons. Qui dit vestiges historiques, dit aussi nid à touristes donc attendez-vous à partager le plaisir de cette visite avec aungroupe de touristes chinois qui se prendra sûrement en photo à côté du lit de Shakespeare (c’est ce que j’ai vécu).  Mais entre les nombreuses boutiques à touristes où l’on peut acquérir « Shakespeare en citations », des tote bag ou encore des dessous de verre à son effigie,  se trouvent aussi ses chefs d’oeuvres.

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Pour terminer cette journée Shakespearesque, vous pourrez aussi prendre le thé avec les célèbres scones anglais et leur cottled cream dans l’un des nombreux salons de thé de Henley street .

24h à Melbourne: escapade culturelle

Melbourne en quelques mots, je dirais que c’est un paradis terrestre pour végétariens, gourmands, et sportifs. N’importe qui est « health orriented » nagera comme un poisson dans l’eau dans cette ville où il fait bon vivre, entre parcs et restaurants vegan. Même si votre escale est de courte durée, le coeur de la ville est plutôt petit et toutes les activités y sont concentrées. Cerise sur le gâteau, un tramway gratuit permet aux touristes de faire un rapide tour de la ville entre architecture coloniale et musées.

Footing dans les jardins

Pour bien commencer la journée, rien de tel que de fouler le pavé quelques kilomètres et pour cela Melbourne constitue un véritable oasis. Avec ses nombreux parcs et jardins: Botanical Garden, Alexandra Gardens, Birrarung Marr, Fitzroy Gardens, les espaces verts pour aller courir ne manquent donc pas. Et chacun d’entre eux regorge de choses à découvrir. Pour les fans de sport, je conseille un détour au Yarra Park afin de visiter le Melbourne Cricket Ground « the G »; l’un des plus grands stades d’Australie, il accueille de nombreux matchs de cricket mais aussi de Football Australien. Le Jardin Botanique fera quant à lui le bonheur des écolos et âmes romantiques, avec ses 38 hectares et plus de 10000 espèces de plantes, il a la réputation d’être l’un des plus beaux jardins botaniques d’Asutralie. Sinon au jardin Fitzroy, plus petit mais pas moins mignon, vous pourrez visiter  le cottage de Thomas Cook, le premier explorateur anglais à avoir déposé le drapeau britannique sur le sol australien. De  quoi transformer cette escapade bucolique en visite historique. Pour les plus paresseux, une simple promenade ou un pique-nique au coucher du soleil le long des quais de la rivière Yarra feront aussi l’affaire, beaucoup de bars et restaurants branchés y bordent la rive sud.

Petit déjeuner et brunch sur Degraves Street

Le nerf central de la ville est Flinder Street, une large avenue bordée de magasins et fast-food en tout genre; de la grande enseigne japonaise de biens pour la maison Deiso à Sushi Hub (qui vend des sushi gros comme une briche, je vous conseille celui aux algues), en passant par des boutiques de vêtements et Hi-Fi. Cette artère est aussi connectée à un riche réseau de ruelles comprenant un tas de cafés sympa où l’on sert des petits déjeuners  brunchs savoureux (car l’Asutralie est réputée pour son café ).

Une des plus connues, Degraves Street, est comme une braderie avec ses tables disposées en plein milieu de la rue et où l’on peut manger des burgers, cupcakes et doughnuts à tous les goûts. On y trouve aussi des cafés végétariens où il fait bon manger des tartes au tofu/potiron et des gâteaux sans gluten à la banane…cliché mais bon!

Invita

> Café Vegan TOFWD, http://www.tofwd.com.au/

> Doughnut Time, http://www.doughnuttime.com.au/#doughnut-time

Un peu plus loin , dans une impasse située entre Flinder Street et Torbe street, un café hipster Operator 25  réputé pour faire le meilleur café en ville mais aussi de supers brunchs.

> Opérator 25, http://www.operator25.com.au/

Promenade artistique

Perpendiculaire à Filder St, Saint Kilda Road est une longue route qui mène à la plage et constitue aussi le coeur artistique de la ville. Chaque jour y rôdent les intellos bobos et étudiants en histoire de l’art de l’Université de Melbourne, et sans surprise car on y trouve la plupart des établissements artistiques:  le Centre culturel d’Art Contemporain, la galerie nationale de Victoria ; un bâtiment rectangulaire massif et abritant une vaste collection d’art Australien ainsi qu’un des plus grand vitrail suspendu au monde. Personnellement, j’ai assisté à l’exposition temporaire mettant en parallèle le travail du roi du pop art Andy Wharol avec celui du dissident chinois le plus connu de la planète Ai Weiwei. Dans ce même quartier réside aussi le Centre Australien des Images Vivantes (ACMI), une cinémathèque  destiné à la projection de longs métrages ainsi que le Melbourne Art Center, un bâtiment iconique en forme de fusée comprenant des salles de concert et d’opéra.

Melbourne

NGV, National Gallery Victoria, http://www.ngv.vic.gov.au/

Des marchés et encore des marchés

Pour les fashonistas ou les gourmands, le Queen Victoria Market offre une large sélection de stands dédiés aux accessoires,vêtements et souvenirs kitsh mais aussi un espace consacré à la nourriture organique. Fruits secs, Muesli, miel, thé, mais aussi produit de beauté bio, je me suis personnellement laissé tenté par une crème pour le visage à ‘huile d’olive et cire d’abeille… je sais ça fait rêver:)

On peut aussi déjeuner sur place dans l’un des restaurants se situant sous les arcades ou encore à l’extérieur. Personnellement j’ai testé Invita, un café véggie très sympa et me suis laissée aller à un bon smoothie bio.

Queen Victoria Market

Queen Victoria Market, http://www.qvm.com.au/

Invita, http://www.invita.com.au/

24h à Copenhague: Christiana l’anti-capitaliste

Si je vous dis Danemark vous pensez Lego, Carlsberg, design, grand blond bronzé aux allures de viking? C’est un peu tout ça à la fois mais c’est surtout un paradis terrestre pour ceux qui aiment vivre à proximité de l’eau. Car le deuxième élément ne manque pas à Copenhague, ville entourée de ponts et de canaux. Cet ex village de pêcheurs devenu la capitale de l’ancien royaume du Danemark, figure aujourd’hui parmi les plus grandes villes d’Europe du Nord, et surtout les plus riches avec un PIB par habitant à en faire rougir plus d’un. Cool et branchée, Copenhague (les dens l’appellent « København ») est un lieu de villégiature idéal le temps d’un week-end relaxant entre shopping , nature, et découverte historico-culturelle.

 – Canal et promenade

Si vous avez la chance de visiter la ville un jour de beau temps (ce qui n’arrive pas très souvent soyons honnête, mais ce fut mon cas), profitez de ses berges ensoleillées et longez le canal à pied afin d’avoir le meilleur aperçu possible de la ville. Il existe aussi un tour en bateau mouche qui permet de découvrir les principaux bâtiments de la ville; partant au port de Nyhavn avec ses jolies maisons de bois aux façades colorées, et continuant jusqu’au village alternatif de Christiana. Vous pourrez y admirer la célèbre statue de la petite sirène commandée et offert par le fils héritier de la brasserie locale Carlsberg (bizarrement cette sculpture d’1m20 qui est devenue la principale attraction de la ville) , le musée de l’architecture, l’opéra de Copenhague, le diamant noir (une architecture impressionnante de verre noire abritant l’extension de la bibliothèque nationale) ainsi que le musée danois de la navire nationale. Même si le côté bateau à touristes peut en rebuter plus d’un, il reste un moyen agréable et efficace d’explorer la cité quand on a pas beaucoup de temps à son actif.   Au passage, laissez vous tenter par une smørebrod (une tartine de pain de seigle typiquement locale que les danois tartinent généralement de  saumon, fromage fumé ou poisson pour le déjeuner)

Dans les environs se trouvent aussi la rue Strøget, la plus longue rue piétonne et commerçante au monde., idéale pour le shopping et ramener des pièces de design danois, de la célèbre et mythique  Royal Copenhaguen ( marque de  produits pour la cuisine en porcelaine datant de plus de 240 ans) à la plus récente Hay (une marque de meubles et accessoires au design moderne). C’est aussi un endroit idéal pour admirer le sens inné de la mode des danoises, entre branchitude et coolitude assumées.

smorrebrod

– Exprimer son refus du capitalisme 

Pour ceux qui détestent se retrouver dans les lieux à touristes et se sentent l’âme alternative, il reste toujours l’option de se retirer dans le quartier de Christiana, une zone communautaire autogérée depuis les années 1970 et donc chacun est responsable du bien-être de ses habitants. Auto-proclamée « ville libre »,  elle  s’inspire de la pensée anarchiste et offre une expérience libertaire à ses habitants, essentiellement constituée de hippies et squatteurs lors de sa création. Aujourd’hui,  son statut fait toujours la controverse mais un accord avec le gouvernement a permis la fin des projets de démolition annoncés de la « cité » et son rachat par ses habitants. Si le hashish y circule librement (les photos y sont interdites, même si j’ai me suis risquée à quelques clichés), en revanche la consommation de drogue dure  est formellement interdite. Au delà de son aspect woodstock, Christiana est surtout un agréable village au bord de l’eau avec de charmants cottages  qui offre une bonne promenade en vélo ou un footing matinal (testé et approuvé) idéal pour se mettre au vert. Recommandé pour prendre un petit déjeuner de bon matin avec un jus de fruits organique.

christiana

– Explorer l’histoire du Danemark 

Les artys ne seront pas en reste non plus à Copenhague qui comprend également de nombreux musées: le musée national (art et histoire), le musée d’architecture, de Thorvaldsen (célèbre sculpteur danois) mais aussi Musée des beaux arts et Calsberg pour en savoir plus sur la célèbre bière locale et sur son fondateur. Personnellement, comme je n’avais pas beaucoup de temps j’ai préféré me rendre directement à l’essentiel en visitant le Musée National. Le rez-de chaussée comprend une vaste et impressionnante collection d’artéfacts datant de la préhistoire et des premiers vikings comme des silex, harpons fabriqués en dents de cerfs, le char solaire de Trundholm , des pierres de jade (pierre très répandue sur les côtes danoises) mais aussi des pirogues ou encore le squelette de la première danoise trouvée sur l’île de Funen. Le premier étage quant à lui est consacré à la Renaissance et au Moyen âge danois en reconstituant les intérieurs royaux. Le plus intéressant reste sûrement le dernier étage, une exploration ludique des différentes évolutions sociales et politiques danoises à travers des objets, revues de presse et reconstitutions d’intérieurs de l’époque. La ville possède aussi de nombreux châteaux et églises qui méritent le détour pour ceux qui s’intéressent à l’architecture, parmi eux l’église baroque de Notre Sauveur à Christiana avec son escalier colimaçon externe et sa façade noire et or.

National musée

> Musée National, http://en.natmus.dk/

 

 

– Retomber en enfance 

Enfin, rien de mieux pour terminer un week-end en beauté que de retomber en enfance et pour cela les jardins de Tivoli offrent une belle opportunité à ceux qui sont foudroyés par le syndrome de Peter Pan. Ce parc féérique, mi jardin-mi parc d’attractions semble être le refuge des enfants comme des parents de Copenhague. Les adultes s’y retrouvent le week-end et profitent des nombreux bars et restaurants  pendant que leurs progénitures flânent librement au milieu des attractions. Ces derniers sont effet autonomes, les gardiens du parc étant chargés de les surveiller et ramener à destination en cas de perte. intimement lié à l’histoire de la ville, ll s’intègre parfaitement au paysage et est aussi réputé pour abriter une des plus anciennes montagne russe en bois du monde (1814) .  Il est une invitation au voyage au sein de la mythologie nordique et de ses  principales figures. Personnellement, je vous recommande le petit train qui vous permet de naviguer dans les contes du célèbre auteur danois Hans Christian Andersen; de la reine des neiges au vilain petit canard….

tivoli 2

> Jardins de Tivoli, https://www.tivoli.dk/en/

 

 

 

 

 

 

24h à Calcutta: restes de l’empire britannique

On entend beaucoup de choses sur l’Inde. Des rapports de voyage passionnés sur la magie du pays aux récits moins glorieux de diarrhée aiguë, il est difficile de s’en faire une idée objective entre mythes et expériences individuelles. Voici quelques un des échos qui ont pu me parvenir aux oreilles « tu vas voir l’Inde tu l’aimes ou tu détestes », « c’est difficile la pauvreté, la saleté, les odeurs... », « tu vas te faire harceler« …..

J’ai eu la chance de rester le temps d’une courte escapade à Calcutta, ou Kolkata (comme on dit là-bas) , une ville de l’ouest Bengale dans l’est du pays et je dois dire que mon premier contact n’a rien eu de tout cela. Vibrante, vivante, celle ville est un vrai un voyage des sens avec son tumulte incessant, ses effluves de nourriture et les couleurs éblouissantes de ses saris.  Pour moi qui vit à Dubai où il n’existe pas réellement de vie piétonne ni de connexion urbaine entre les habitants, explorer cette cité fut une vraie « bouffée d’air frais » (si on oublie les 35 degrés et l’humidité). Sa rue est un véritable lieu de vie . On y mange, prie, joue au cricket, nettoie son linge, prend sa douche et fait même ses besoins (vous m’avez bien lu, on trouve des pissotières sans portes exposées à la vue des passants), ce qui m’a offert l’opportunité émue d’admirer de jolis fessiers bengalis (oui oui). Malheureusement, on y meurt aussi car son état de dénuement et ses bidonvilles ne peuvent pas  échapper au regard des visiteurs même s’ils sont souvent éclipsés par la beauté de son architecture coloniale.

Pauvreté et bidonvilles

Au final, le choc ne fut pas très grand. Peut-être parce-que je vis à Dubai dans un quartier très excentré où vit une vaste communauté indienne et pakistanaise, je n’ai donc pas été très dépaysée. Côté bruit, en vivant deux ans à Beyrouth j’ai été servi et le son des klaxons est presque devenu ma musique pour m’endormir. La seule chose à laquelle on est jamais vraiment préparé, c’est la pauvreté. Il est difficile d’ignorer les nombreux bidonvilles dans lesquels vivent une grande majorité de la population de Calcutta. Un constat accablant qui a décidé la religieuse albanaise Mère Thérésa à y créer une congrégation religieuse des missionnaires de la charité dans les années 50 (elle s’y est aussi éteinte en 1997). Transformé en musée aujourd’hui, il est possible de visiter sa chambre et sa tombe mais aussi de faire une donation en l’échange de quoi vous recevrez le médaillon de la charité. Il est aussi possible de faire un tour à l’orphelinat qui se situe sur la même rue, mais je n’ai personnellement pas trop aimé ce côté « voyeur » de la misère.

Mere theresa 2Mere theresa

Ancienne capitale des Indes Britanniques

Contrebalançant avec la misère de cette ville du tiers-Monde; les restes de grandeur de l’ancien Empire des Indes s’imposent magistralement au milieu du chaos. Le Victoria Memorial en est un bel exemple; ce mausolée de marbre blanc construit au début du 20ème siècle à la gloire de l’impératrice est aujourd’hui un musée de peintures et d’archives historiques attirant des touristes venus de tout le continent Indien. On peut aussi s’y promener dans tes jardins pour la modique somme de 10 roupies ( même pas un euro). Des vestiges du passé que l’on retrouve partout dans la ville à travers certains bâtiments d’inspiration victorienne.

Le musée Indien (que je n’ai malheureusement pas eu le temps de visiter) est également un lieu emblématique de la ville puisqu’il est le plus grand musée d’Asie Pacifique et aussi un des plus anciens au monde. Il renferme une large collection d’artéfacts égyptiens, des peintures mogholes mais aussi des cendres du Bouddha.

victoria memorial

Aux abords du Gange…

Une des particularités de Calcutta est qu’elle est traversée par le Gange ; une rivière intimement liée à la spiritualité hindouiste puisqu’elle prendrait sa source dans la chevelure du dieu Shiva et aurait le pouvoir de libérer l’âme des morts et de purifier celle des vivants. Ainsi beaucoup d’indiens viennent y jeter les cendres de leurs défunts ou s’y baigner en pèlerinage espérant purifier leur âme. Ce cours d’eau est donc aussi sacré que pollué, comprenant des centaines de restes de cadavres …miamiam!

Et quand ils ne se rendent pas sur les bords du Gange, les « calcuttiens » (je viens totalement d’inventer ce mot) se retrouvent aussi dans les temples. Celui de Kalighat (construit au début 19ème siècle) et dédiée à la déesse mère Kali est celui les plus fréquentés de Calcutta. Il est aussi célèbre pour être un des « shakti peethas » ; place de recueillement où reposent une des partie du corps brûlé de la déesse Skakti (déesses de la féminité) qui se serait immolée. Le temple Jain de Sheetalnathji, est aussi intéressant à regarder avec ses nombreux bassins, ses façades colorées, son stuc et ses sculptures.

Temple

Pour terminer sur une note sucrée, je me suis cette fois-ci initiée aux desserts indiens. Et il y en a pléthore: kheer (une sorte de riz au lais très sucré), lassi (une boisson à base de lait fermenté et souvent parfumé à la rose, mangue ou aux épices), golab jamun (boules de pâtes huilées et servies avec un sirop)  et barfi (une gâteau au lait et sucre qui peut se trouver avec des noix de cajou, pistaches ou cacahuètes. Si vous vivez près d’une épicerie indienne, je vois recommande d’essayer.

Quand au harcèlement tant attendu, c’est vrai qu’en tant que touriste (et blonde par dessus le marché) les gens nous sollicitent constamment pour prendre des selfies. Une  fascination qui peut en agacer certains mais m’a personnellement plus amusée qu’autre chose. Car finalement, quand je me vois prendre en photo leur étalages de marché colorés et les femmes en sari, je réalise que je ne vaux pas vraiment mieux. Cette attraction pour l’inconnu est naturelle et réciproque. Il faut juste savoir mettre des limites avec le sourire, afin de ne pas transformer son voyage en shooting photo.

 

 

 

 

24h à Kuala Lumpur: musée d’art islamique et caves de Batu

J’ai eu la chance (ou pas) de passer une journée à Kuala Lumpur. Une visite express qui m’a néanmoins laissé le temps d’avoir un avant-goût de la vie à KL, et de aussi me faire agresser par un scooter qui m’a traîner sur le sol en essayant de me voler mon sac.

Miraculée que je suis, je m’en suis sortie avec seulement une grosse égratignure sur la fesse droite et toujours autant de motivation pour découvrir la ville. Comme je l’ai déjà évoqué dans mon précédent article sur Singapour, la Malaisie est une mélange subtil entre la culture indienne, chinoise et indonésienne. Cet éventail de religions et de coutumes qui s’exprime fortement dans l’architecture et la nourriture du pays. Comme mon temps était compté, j’ai donc décidé d’explorer ces différentes facettes de la ville en me lançant à la conquête des spots où manger, prier, mais aussi et comme toujours visiter des musées. Car l’art local en dit long sur le patrimoine d’une civilisation.

-Les grottes de Batu: le plus grand temple  hindu en dehors d’Inde

Généralement très prisées des touristes, les grottes de Batu sont l’attraction sûrement touristique majeure de la Malaisie, après les tours Petronas. Personnellement pas très fan de ce genre de lieux surpeuplés de « selfistas », il s’agit pourtant d’un lieu mythique pour le peuple hindu. Si la plupart des gens viennent juste pour s’y prendre en photo avec l’immense statue de Murugan en arrière-plan (quand même plus de 43 mètres de hauteur), l’histoire du lieu commence pourtant bien avant sa construction il y a dix ans seulement. En effet, avant de devenir un lieu de culte, les grottes de Batu ont été découvertes par les paysans chinois à la fin du 18ème siècle qui y cultivaient le guano. Quelques années plus tard, des commerçants Tamouls s’en emparent et construisent une statue, en faisant ainsi un lieu de pèlerinage hindu. Depuis, il est devenu le plus grand sanctuaire en dehors de l’Inde et accueille chaque année la grande fête de Thaipusam ( commémorant justement la naissance de Murugan, fils du dieu Shiva et de la déesse Parvati) comptant des centaines de millier de pèlerins. Ne vous attendez pas cependant à vivre une grande expérience spirituelle si vous vous y rendez, car cet endroit ressemble plus à Las Vegas qu’autre chose avec ses lumières et des boutiques souvenirs partout. Plus intéressant, il est possible de visiter certaines des grottes qui sont  précieusement conservées et se font le refuge d’une vaste vie animale avec des singes, des araignées et des serpents. il est aussi impressionnant d’y admirer ses stalactites et stalagmites érigées depuis des années.

Lake Gardens: 

Les jardins du lac sont un peu le Central Park de la ville: offrant plus de deux cent hectares de verdure, ils abritent différents jardins comme celui des oiseaux, des papillons ou encore le jardin des orchidées et des hibiscus (fleur nationale de Malaisie). Son parc aux oiseaux réputé être l’un des plus vastes d’Asie mais la vue des filets qui le surplombait m’a pourtant dissuadée de m’y rendre. C’est sûrement mon petit côté Nicolas Hulot mais voir des oiseaux forcés à voler en dehors de leur réserve naturelle, je ne suis pas vraiment adepte. J’ai donc préféré me promener dans le parc environnant (et gratuit) des orchidées qui en regroupe apparemment plus de 800 variétés différentes (je vous avouerai que je ne me suis pas amusée à les répertorier) qui ne portait pas grand intérêt à part les fleurs d’hibiscus sur les arbres.

Musée  d’art islamique: 

Le clou de ma journée fut ma visite du Musée d’Art Islamique  de KL. Et pourtant celle-ci s’annonçait mal. En effet, avant d’accéder à la collection permanente j’ai fait un détour par l’ exposition temporaire, entièrement consacrée à des textes coraniques réalisés par l’Imam Al-Jazulia. Pas que ce soit inintéressant mais lorsque l’on ne sait pas lire l’arabe littéraire, avoir 50 versions de textes coraniques exposés devant soi ne parle pas vraiment. En revanche la collection permanente est un vrai trésor. Divisée en 4 parties (architecture, chinoise, malay et indien), elle donne un aperçu global des différentes formes d’art islamique (moucharabieh, calligraphie, textile, mosaique) et de leur variation selon leur pays d’accueil. Ma salle préférée fut sûrement celle consacrée à l’architecture, une pièce entière comportant plus d’une dizaine de maquettes de mosquées du monde entier (Abu Dhabi, Timbuktu, Istanbul, Damas, Isfahan, new Delhi…) et permettant d’observer les différentes évolutions de l’architecture selon les pays d’accueil de l’Islam. Quant aux salles indiennes, malaises et chinoises , elles démontrent comment l’art islamique a influencé les différentes cultures qui l’ont embrassé, et vice versa, donnant un artisanat au métissage unique.

Musée d’art Islamique, http://www.iamm.org.my/

– Mosquée nationale:

Après avoir eu la chance de visiter les magnifiques mosquées d’Isfahan, j’avoue que j’ai tendance à ne plus vraiment être impressionnée quand j’en découvre une nouvelle. Mais la Mosquée nationale de Kuala Lumpur a le mérite de se distinguer par son architecture hors-du-commun. En effet, mélange d’architecture islamique traditionnelle et moderne, elle elle ne possède qu’un seul minaret (mais pas des moindres plus qu’il fait 73 mètres de hauteur) et un toit assez pittoresque pour une mosquée. Prenant la forme d’une étoile pliée façon origami, il s’agit  d’une figure massive de béton recouverte par des carreaux verts et bleus. Une belle illustration que la religion peut aussi embrasser la modernité.

-Central Market

Après une journée express comme celle-ci, j’avais faim et j’ai demandé à la première passante dans la rue où je pourrais trouver de la bonne nourriture locale. Elle m’a indiquée le marché central, un marché couvert à la frontière avec Chinatown et pas loin du musée du textile. On y peut trouver tous les classiques de la nourriture singapourienne, chinoise et indienne (byriani, rojak, wok…) pour un prix vraiment abordable mais aussi des objets d’artisanat typiquement malaysien comme des broderies et textiles batik, songket, teka mais aussi des accessoires en feuilles de bambou tressées.

Conclusion, Kuala Lumpur j’y retournerai sûrement mais sans sac à main.

Batu CaveMuseum islamic artmacharabiehNational mosque

24h à Singapour: au croisement des cultures

 

Paradis de la street food ,Singapour propose de nombreuses échoppes intérieures et extérieures (les « food courts  » aussi appelées ou « hawker center ») où l’on trouve une cuisine internationale bon marché . Crabe fris au poivre noir ou sauté à la sauce chilli, rojak, brochettes de boeuf, porc , tofu ou crevettes (plus connues sous le nom de satay), la ville est un véritable festival pour les papilles. A noter toutefois, la nourriture singapourienne est relativement épicée et additionnée à l’humidité ambiante,  il est donc fort possible que  la dégustation de ce succulent repas vous donne des sueurs chaudes. Pas très sexy mais ça fait partie du charme local.

Pour faire son marché, cap sur les quartiers de Chinatown et de Little India où vous pourrez trouver les célèbres dim sum hong-Kongais ( mets de petite taille cuits à la vapeur ou fris et généralement présentés dans des boîtes de bois circulaires), un byriani végétarien ou à la viande, ou encore du mutarbak (une galette au fromage ou à la viande). Sinon, le marché Buggie offre aussi des bons jus de fruit frais goût fruit du dragon a 1 dollars seulement, des buns (petits pains sucrés)farcis à tout et n’importe quoi  ou encore des gâteaux au pandan ( sorte de génoise de couleur verte en raison de la chlorophylle issue des feuilles de pandan, une plante qui pousse principalement en Asie du Sud Est).

Buggie Market, Buggie Street

Sinon, la rue Seah propose aussi une charmante cuisine internationale (thai, chinoise et japonaise) en plus d’être située dans une rue à architecture coloniale juste à côté du très chic hôtel Riffles, du nom du colonel britannique qui a fondé la ville.

Prier

Avec son brassage de culture et religions, tous les sanctuaires sont représentés à Singapour. Des temples hindouistes, aux églises, en passant par les mosquées et temples bouddhistes de la communauté chinoise, ces joyaux d’architecture vivent paisiblement les uns à côté des autres. Dans le quartier de Chinatown par exemple, les boeufs et déesses colorés du Sri Manamman côtoient la pagode de la dent de Buddha. Tous deux situés sur l’artère principale , ils accueillent chaque jour locaux et touristes curieux. Même si l’on est peu croyant, la visite de ces temples vaut le détour afin d’admirer les rituels que chacun voue à sa déité. Le temple de la relique de la dent est une manifestation assez spectaculaire de l’importance que les chinois accordent à leurs ancêtres et au Buddha dont la petite canine (ou molaire) est religieusement préservée dans un stupa de 420 kgs d’or massif sous une vitre pare-balle.

 Culture et histoire

Little India: Relativement petite, cette région est néanmoins un vrai condensé de couleurs et de senteurs avec ses stands de fleurs infinis et ses bijoux multicolores. Au beau milieu de ce carnaval populaire, L’Indian Heritage Center offre une exploration à travers la diaspora indienne majoritairement issu du de l’ouest du Bengale . Des pièces d’art mais aussi de nombreux costumes permettent de reconstituer un cet héritage unique

> Indian Heritage Center, http://indianheritage.org.sg/en

Galerie Nationale de Singapour: Personnellement je n’y suis restée qu’une heure par manque de temps, mais j’ai pu mieux comprendre les transformations sociales et politiques de la ville à travers des oeuvres de peintres modernes, racontées par une très bonne guide chinoise. comme Georgette Chen qui en disent long sur les transformations de la ville. L’architecture est exceptionnelle avec un immense bâtiment de verre totalement ouvert sur le ciel et la lumière.

Galerie Nationale de Singapour, https://www.nationalgallery.sg/

Musée Peranakan est sans aucun doute le  coup de coeur  de cette visite. Situé dans une petite masure de type coloniale, il constitue une véritable fenêtre ouverte sur la culture malaise.  Le visiteur pénètre ainsi la culture peranakan à travers l’intimité d’une famille d’immigrés chinois dont il parcoure les différentes étapes de vie; de la cérémonie du thé du mariage, au culte des ancêtres,  en passant par l’artisanat et habillement traditionnels comme la kabaya brodée.

Musée Peranakan, http://peranakanmuseum.org.sg/

Musée national et Fort Canning: Pour les férus d’histoire, une escapade au parc de Fort Canning et Musée National est immanquable. Fort Canning constitue en effet la plus haute et ancienne colline de la ville, ce qui en fait un site très riche et intimement lié aux évolutions de la ville.Il comprend aussi la battlebox, un bunker datant de l’invasion japonaise  récemment restauré et ouvert au public. Le musée adjacent au parc permet de retracer l’histoire de l’archipel d’hier à aujourd’hui: de la découverte la présence indonésienne à la découverte de l’archipel par les européens, en passant par la domination britannique, l’invasion des japonais pendant la seconde guerre mondiale, l’indépendance, la séparation avec la Malaisie et enfin le plan d’urbanisation qui en a fait la cité ultramoderne et verte qu’elle est désormais.

Battlebox, http://www.battlbox.com/

– Chinatown: En plus de ses rues grouillant de fruits suspicieux, herbes médicinales et gadget inutiles (j’ai quand même réussi à acheter un masque de nuit panda et un taille crayon figurine en forme de singe), le quartier chinois représente aussi une boîte au trésor culturelle. Si sa plus belle incarnation est sûrement le Chinese Heritage Center qui invite à au voyage à travers sa communauté, une chose plus rare est l’ouverture des maisons de clans « kongsi » singapouriennes généralement fermées au public. Fondées par des immigrés chinois  venus de différentes provinces pour travailler dans les plantations au siècle dernier, elles étaient destinées à se rassembler préserver les coutumes et la langue chinoise malgré l’éloignement géographique. Aujourd’hui, elles sont le dernier flambeau de traditions ancestrales chinoises comme certains arts martiaux ou la danse du lion et du dragon qui sont joués pendant le nouvel an lunaire lors de festivals aux costumes impressionnants.

little india
Little India
chinatown
Chinatown, temple de la relique de la dent de Buddha

 

National gallery
National Galerie de Singapour